À nous la centrale !


« À nous la petite centrale T-D Bouchard ! »

 

Suite à la conférence du 23 mai 2017 portant sur la centrale T-D Bouchard, animée par madame Marie-Claude Delisle, administratrice au CCCPEM et monsieur Daniel Breton consultant en Énergie, environnement et électrification des transports, les participants ont répondu OUI à la réappropriation de la petite centrale ! Maintenant quelles seront les prochaines étapes ?

Lors de la conférence, les animateurs proposaient de rencontrer un membre du Chantier d’Économie sociale (fondé par Jean-Martin Aussant). Claire L’Heureux membre du CES de Montérégie, s’est montré intéressée par ce projet dont elle reconnaît l’enjeu fondamental : préserver l’environnement avant d’exploiter un bien commun, l’eau ! Elle suggère de fonder une Coopérative de solidarité d’énergie qui a plusieurs avantages. Il existe plusieurs formes de coopératives : de producteurs, de consommateurs, de travailleurs. Or, la petite centrale réunit toutes ces rôles dans notre petite centrale et comme elle est productrice d’énergie, même la Ville peut être membre, ce qui en ferait automatiquement membres tous les Maskoutains, puisqu’elle nous représente tous ! Nous aurons une Coopérative forte.

Il nous fallait aussi obtenir des rapports financiers qui prouvent la viabilité de ce projet. Or, comme le souligne Martin Bourassa dans le Courrier de Saint-Hyacinthe, du 15 juin dernier : «Au moment où la Ville salive en pensant aux revenus qu’elle pourrait tirer pendant 40 ans d’une résidence pour personnes âgées au centre-ville, elle n’accorde aucun intérêt à un barrage qui pourrait lui rapporter davantage sans effort.» Des revenus bruts de plus de 1M$ en 2015-2016 font effectivement rêvés. Comme les frais d’exploitation sont faibles, on se doute que les revenus bruts restent alléchants. Nous aurions donc toute latitude pour exploiter avec rigueur, afin de  protéger l’environnement, tout en fournissant à la Ville des revenus que les citoyens membres voudront réinvestir dans des projets locaux. Nous aurons une Coopérative rentable.

Une autre étape consistait à rencontrer un membre de la Caisse d’économie solidaire Desjardins (dont Gérald Larose est président). Pour la Caisse aussi, ce projet représente une nouveauté profitable. On nous a avoué que ce sera la première fois que l’on se réapproprie une centrale hydro-électrique (depuis 1960, comme le soulignait Daniel Breton). L’entreprise signifie beaucoup, non seulement d’un strict point de vue environnemental et économique, mais est un formidable exercice de démocratie participative qui ouvre la voie à une renationalisation de petits barrages privés. Un mouvement national pourra naître de Saint-Hyacinthe, maîtresse chez elle !

Nous avons aussi lancé une invitation au maire Claude Corbeil et au directeur général Louis Bilodeau pour discuter de ce projet.  Pour le moment, ils sont débordés par d’autres projets, nous ont-ils répondu. On le conçoit. Il est cependant très important que la Ville voit tous les avantages d’un tel projet qui aura des répercussions sur les finances de la Ville, sur sa nouvelle autonomie (affirmée par la loi 122), et sur plusieurs formes de consultations publiques réelles qu’il nous donne l’occasion de pratiquer et qui donne un véritable pouvoir à tous les Maskoutains. Saint-Hyacinthe deviendra une vraie Ville en transition vers un pouvoir partagé par tous ces citoyens pour un environnement sain dont nous sommes parties prenantes.

Dans notre prochaine infolettre, nous espérons vous annoncer que la Ville se prévaut de son droit d’exproprier Algonquin Power Fund qui gère notre centrale sur pilote automatique depuis l’Ontario, et de toutes les réactions que cette action suscitera. Et devinez quoi ? Nous sommes prêts ! À nous la centrale !

Juin, 2017

 

Marie-Claude Delisle et Daniel Breton, pour le CCCPEM.